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Combat de coqs

Description

Le combat de coqs est une discipline qui consiste à faire s’affronter deux coqs préparés aux combats sur une aire prévue à cet effet appelée gallodrome ou « pitt » dans les Antilles et « rond » à la Réunion. Cette pratique très ancienne est devenue très controversée en raison des mutilations que subissent les coqs tant et si bien qu’elle est interdite dans de nombreux pays. Elle reste néanmoins très populaire dans différentes régions du globe et fait l’objet de paris légaux ou illicites.

Le combat de coqs est aussi vieux que la domestication du coq sauvage. Le coq sauvage Gallus aurait été domestiqué en Asie pour ses qualités belliqueuses. En organisant des combats de coqs, les premiers agriculteurs trouvaient un moyen de réguler les conflits entre eux par l’intermédiaire de leurs coqs.

 Il fut tellement populaire en Angleterre, notamment dans l’aristocratie, que Cromwell décida de l’interdire pour éviter les rassemblements des royalistes autour des « pits », arènes. Aux États-Unis, il fut pratiqué par les premiers présidents et fut tellement populaire que l’aigle américain fut préféré de justesse au coq de combat comme symbole national. L’Afrique l’a moins connu, mis à part Madagascar où il fut amené par les Merina de Malaisie et par les commerçants arabes.

La majorité des pays occidentaux condamnent la pratique des combats de coqs, néanmoins, en 2008, 27 pays autorisent ou tolèrent l’organisation de combats de coqs. En Asie, il reste très pratiqué sauf bien sûr par les peuples nomades. En France, il est autorisé dans les localités où la tradition est ininterrompue, c’est-à-dire dans une vingtaine de gallodromes des départements du Nord et du Pas-de-Calais et dans ceux des Dom-Tom.

Le combat de coq consiste à mettre deux coqs dans une sorte de ring circulaire, les deux coqs, suivant leur instinct, se battent, des paris sont faits sur le vainqueur. Dans le ring, les coqs de combats, issus de sélection génétique rigoureuse, se battent longtemps, ce qui peut entraîner de graves blessures ou la mort, les ergots étant parfois remplacés par des lames en acier.

Il existe plusieurs types de combats :

Le combat de vitesse pratiqué avec des ergots artificiels en métal, soit une lame ou une pointe. Ce type de combat ressemble à un duel à l’épée. Il est très court et expéditif. Les combats se déroulent généralement sous la forme d’un face à face sans prise de bec, le coq s’élevant le plus haut ayant un avantage. Une autre façon plus prudente d’aborder ce type de combat, consiste à esquiver par quelques pas de côté la charge adverse et à riposter au moment où l’adversaire touche le sol. Quel que soit le style des coqs, en combat de vitesse, la cible principale est le corps. Pour les coqs de combat de vitesse, on recherche les mêmes qualités que celles d’un escrimeur : l’explosivité et la coordination.

Le combat d’endurance pratiqué avec l’ergot émoussé ou recouvert de bandes de tissu ou d’un capuchon. Ce type de combat ressemble à un combat de boxe. Le combat est long et l’issue est habituellement l’abandon ou le KO. Pour les combats d’endurance, les coqs sont sélectionnés pour les mêmes qualités que doit posséder un boxeur : la force, la précision, l’endurance, la résistance aux coups, la coordination. Les styles de combats adoptés par les coqs sont plus variés et dépendent de la taille de l’arène qui peut varier de 1,5 m à quelques dizaines de mètres de diamètre. Les grands espaces permettent à certains coqs de se battre par escarmouches : ils frappent quelques coups puis s’éloignent. D’autres se battent de face soit en se collant à l’adversaire, soit sans se coller et alors le coup peut être donné sans prise de bec ou en reculant légèrement après chaque coup. Lors des corps-à-corps, certains coqs passent soit sous l’aile, soit sous les pattes. D’autres coqs encore essayent tout en luttant de contourner leur adversaire ou de pousser à la base de son cou pour le fatiguer. Le but est habituellement de donner un maximum de coups et de ne pas en recevoir.

Le troisième type de combat est un intermédiaire entre les deux précédents qui se pratique avec l’ergot naturel pointu ou avec un ergot artificiel lui ressemblant.

À la Réunion, les combats se font à l’ergot naturel. Les coqs pèsent de 2,8 kg à 4 kg. En Polynésie, également à l’ergot naturel mais les coqs sont plus légers: autour de 2,2 kg. Dans les Antilles, soit à l’ergot naturel, soit à l’ergot de métal. Poids autour de 1,5 kg. Dans le Nord Pas de Calais, à l’ergot de métal. Poids de moins de 4 kg à plus de 6 kg environ.

Tout l’art des éleveurs est d’obtenir les spécimens ayant le plus de qualités pour le combat par sélection naturelle voire par croisement avec des faisans. Pour les souches de coqs les plus combatives, l’agressivité se manifeste également chez les poules et chez les poulets dès 6 semaines.

Les coqs de combat sont sélectionnés et entraînés pour développer leur ténacité au combat, que ce soit leur capacité de résister à la douleur tout comme leur volonté de battre l’adversaire. Ces caractéristiques varient d’une race de combat à l’autre, d’une souche à l’autre et bien sûr d’un individu à l’autre.

Toutes les couleurs de coqs de combat peuvent être rencontrées. Les coqs de vitesse sont des coqs très emplumés alors que les coqs d’endurance ont des plumes courtes et collées au corps.

Les coqs de combat commencent leur carrière à un âge qui dépend de leur souche. En général, plus le coq est petit et plus il est précoce. De plus, un coq d’endurance aura une maturité plus lente qu’un coq de vitesse. Pratiquement, un coq espagnol de 1,5 kg sera au combat à 10 mois et un coq indien d’endurance de 6 kg à 2 ans. La préparation physique sera aussi différente en fonction de son utilisation. Pour l’endurance, la préparation sera nettement plus longue. Elle commence par de la course et des exercices de musculation, et est suivie par des combats d’entraînement avec les ergots recouverts d’un matériau absorbant les chocs, pour éviter les traumatismes inutiles.

Les jeunes poulets sont placés dans des enclos séparés à des âges différents en fonction de leur niveau d’agressivité. Parfois ils doivent être isolés à 2 mois, et dans d’autres souches, vers 6 mois. Leur premier combat d’entraînement commence en général vers 8 mois pour les coqs d’endurance. L’essai est court et comme pour tous les combats d’entraînement, les ergots sont bien protégés. Le but de cet essai est de savoir si le sujet est assez doué pour poursuivre une carrière complète. S’il passe ce premier test, le deuxième test se fera à 10 mois et puis tous les quinze jours jusqu’au premier combat officiel. La durée de ces combats de préparation augmentera progressivement, passant de 5 minutes à une trentaine de minutes. Contrairement à ce que les activistes de la protection animale peuvent affirmer, les adversaires lors de cette préparation ne sont jamais des coqs ordinaires de basse-cour, qui s’enfuirait au premier coup, mais bien d’autres coqs de combat qui par contre, sont du même poids et du même âge. Le but est que le jeune coq améliore sa technique de combat et sa gestion de l’effort. Des séances plus longues vont d’ailleurs l’inciter à ne pas jeter toutes ses forces au début du combat.

Outre les souffrances infligées aux coqs de combat, les pratiques d’élevage de ces coqs sont régulièrement dénoncées comme contre nature. Ainsi, l’isolement modifie chez l’animal la notion d’espace vital individuel et lui fait perdre ses capacités de communication ritualisée. La violation de cet espace et le changement d’environnement (dimensions réduites du « parc » où il se bat, lumières, bruits de la foule) lors des combats plongent les coqs dans un état de stress. Cela provoque une forte sécrétion de corticostérone qui rend les coqs particulièrement intolérants à leurs congénères. Se sentant menacés, ils attaquent.

Il est régulièrement dénoncé, également, l’utilisation de moyens biochimiques (injection d’hormones mâles) ou le recours à des coqs domestiques comme victime lors des entraînements afin d’affuter l’agressivité des coqs de combat.

Les adresses des différents Pitts en Martinique

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