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Le clocher des Anses d’Arlet

Le clocher des Anses d’Arlet. L’église a été détruite lors de l’attaque anglaise de 1762. quelques années plus tard, grâce aux dons du plus riche habitant de la paroisse, Henri Larcher, l’église fut reconstruite. En signe de reconnaissance les paroissiens décident de la placer sous le patronnage de ST HENRI.

Eglise St Henri : la reconstruction est en marche

S’il y a une image qui permet de reconnaître la commune des Anses- d’Arlet entre toutes, c’est bien celle de son église, dans le prolongement exact du ponton. Que l’on soit sur terre ou en mer, on reconnaitrait entre mille ce paysage de carte postale.

Depuis le mois d’avril, les arlésiens ont pu constater que leur chère église est en ébullition : les travaux ont enfin commencé. Cela faisait un moment que l’on en parlait, bien avant DEAN, mais l’ouragan a fini d’endommager l’église qui avait déjà besoin de sérieux travaux : une grande partie de la toiture s’était envolée et l’église est restée de longs mois ouverte aux intempéries. Il a donc fallut tout d’abord dégager l’intérieur, afin de pouvoir y circuler. Les compagnons du devoir venus de métropole ont pu commencer le travail de « déconstruction » du clocher. En effet, dans ce type de bâtiment où l’on garde les murs existants, on ne peut pas détruire la partie qui se trouve au-dessus. Il faut donc littéralement démonter, pièces par pièces, le clocher. Tôles, structure métallique puis béton, le clocher a progressivement disparu au fil des mois.

La nouvelle charpente, en bois cette fois comme à l’origine, est arrivée cet été par bateau. Et d’ici la mi-février, la première partie des travaux de l’église, à savoir le clocher et la façade, devrait être terminée.

Etienne Poncelet, architecte en chef des Monuments historiques, a conçu un projet qui se rapproche de l’architecture d’origine de l’église et de son clocher. Clocher qui différera beaucoup de celui que nous connaissons depuis des années. De nombreux arlésiens se souviennent encore du clocher en bois qui existait avant les derniers gros travaux de 1956 : le futur clocher sera assez similaire, avec ses 3 étages surmontés d’une croix et d’un coq.

Sur place, c’est Philippe Machefer, économiste de la construction, qui gère les travaux en l’absence de l’architecte. Les ouvriers, en vrais professionnels, font un travail remarquable, malgré la pluie ou le vent. Depuis quelques semaines, un véritable jeu de construction grandeur nature a pris place sur le parvis de l’église. Le clocher, arrivé en pièces détachées, prend forme au jour le jour, et
il est désormais sur le point d’être hissé jusqu’à son futur emplacement.

D’ici quelques jours, les arlésiens auront retrouvé l’allure extérieure de leur église, et le clocher sera à nouveau visible de la mer. La première tranche sera certainement terminée dans les délais. Mais il restera encore de longs mois de travaux avant que les fidèles ne puissent inaugurer leur nouvelle église : 3 années au total sont prévues pour pouvoir à nouveau ouvrir ses portes, pour un coût d’environ 3 millions d’€uros. Et pour l’instant, la dernière partie du financement n’a pas encore été débloquée. Il faut souhaiter que ce financement arrive rapidement, afin que l’église des Anses d’Arlet reprenne sa place de « carte postale »… S.B

I pozé !

Une véritable ambiance de fête ce vendredi matin 10 Octobre 2008 aux Anses-d’Arlet ! Il faut dire que l’évènement était de taille, et plutôt rare pour ne pas être raté : la pose du nouveau clocher de l’église St-Henri. Et même le temps était de la partie : un ciel assez couvert, mais ni vent, ni pluie pour gêner cette opération exceptionnelle.

Un beau « bébé » que ce clocher réalisé en moabi, un bois de cœur brun d’Afrique : un peu moins de 20 tonnes, une vingtaine de m3 de bois, pour une hauteur totale (du sol) de 27 mètres ! Pour le mettre en place, il n’a fallu rien de moins qu’une grue mobile de 70 tonnes, d’une hauteur de 50 mètres, pouvant soulever jusqu’à 38 tonnes ! Et tout cela en à peine 2 heures de temps, sans compter les finitions.

Une matinée bien remplie pour les charpentiers et les menuisiers de l’atelier Perrault frères en Maine et Loire. Des ouvriers spécialisés dans les monuments historiques, une entreprise médaillée d’or au concours de
l’innovation de Batimat 2007, qui en est à sa dixième église dans les Antilles. Après la préparation du chantier,  2 charpentiers sont rentrés à l’atelier pour tailler le clocher. Celui-ci est arrivé par bateau début septembre, et les 5 membres de l’équipe n’ont plus eu qu’à l’assembler sur place. Un travail sans surprises puisqu’ils ont participé à la création de bout en bout.

Les arlésiens ont assisté en nombre à cet évènement. Elus, personnel communal, habitants de la commune,  commerçants, touristes, il fallait y être vendredi ! Même les enfants de l’école primaire du bourg sont venus assister à la phase finale : une leçon qui restera certainement unique dans leur vie d’écolier.

Et lorsque la grue a déposé la flèche de l’ouvrage, la sirène a retentit et le public a applaudi en chœur.

Du haut de ses 27 mètres, une palme surplombe la commune : une coutume chez les charpentiers, qui fleurissent le toit de leur ouvrage lors de sa pose. Traditionnellement, c’est le plus jeune des apprentis qui grimpe pour déposer le bouquet. Vu la hauteur, et par sécurité,  c’est au sol que la palme a été accrochée…

Les arlésiens ont retrouvé une partie de leur église, ils attendent maintenant avec impatience la suite des travaux.
A peine la grue repliée, le temps s’est subitement gâté, et une pluie torrentielle s’est abattue, dans un fracas de tonnerre : à son tour, le ciel donnait sa bénédiction à ce nouveau clocher…   S.B.

Propos recueillis par S.B.

Jocelyne et Marie-Claire, fidèles paroissiennes :

« Aux Anses d’Arlet, la messe est à 10 heures, et aujourd’hui, juste après cette heure, notre église a retrouvé son clocher ! Avec des conditions météo parfaites, les arlésiens ont pu y assister. C’est une très belle chose, un évènement  peu commun et nous avons hâte de réintégrer notre église, même si notre lieu de culte provisoire est très bien. Un grand bravo à tous les ouvriers qui ont fait un travail formidable, quel que soit le temps. Ce clocher a belle allure ! »

À voir ou revoir, le DVD de Patrick Baucelin : Les Eglises de Martinique, leur histoire au fil du temps

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